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Tahiti : mère et fille condamnées pour blanchiment via Revolut

À Papeete, une mère et sa fille ont été condamnées pour avoir blanchi environ 112 000 euros en recrutant des particuliers sur les réseaux sociaux via Revolut.

Tahiti : mère et fille condamnées pour blanchiment via Revolut

Le tribunal correctionnel de Papeete a condamné le 22 septembre 2026 une mère de 48 ans et sa fille de 25 ans pour blanchiment d'argent, selon Tahiti Infos. Entre novembre 2023 et mars 2024, les deux femmes ont fait transiter environ 13,4 millions de francs CFP, soit environ 112 000 euros, en s'appuyant sur des comptes Revolut ouverts par des particuliers.

112 000 €montant blanchi
10-15%commission prélevée
18 moispeine avec sursis (mère)

Les faits jugés à Papeete

Le montage reposait sur un principe simple : les deux prévenues collectaient du liquide auprès de particuliers recrutés sur les réseaux sociaux, puis utilisaient ce liquide pour « recharger » les comptes Revolut de leurs clients. En échange, elles prélevaient une commission de 10 à 15 % sur chaque opération, selon les détails rapportés par TNTV. À l'audience, l'une des prévenues a expliqué avoir découvert ce système via des influenceurs polynésiens actifs sur les réseaux sociaux : « Il y en a tellement qui font ça, qu'on s'est dit qu'on allait se lancer. »

La mère a été condamnée à 18 mois de prison avec sursis et 15 000 francs CFP d'amende, soit environ 126 euros ; sa fille a écopé de 12 mois avec sursis et de la même amende. Deux autres prévenus jugés dans le même dossier, un photographe de 47 ans et un homme déjà détenu, ont reçu des peines plus lourdes, dont 18 mois ferme avec mandat de dépôt pour l'un d'eux, précise Outre-mer La 1ère.

Pourquoi ce circuit passait par des comptes Revolut

Cette affaire se déroule en Polynésie française, une zone où circule le franc CFP et où l'accès à certains services bancaires classiques est plus limité qu'en métropole. Le réflexe des prévenues a été de s'appuyer non pas sur un compte professionnel ou un service de transfert d'argent agréé, mais sur de simples comptes personnels Revolut appartenant à des tiers, rechargés en liquide contre commission. Ce type de montage n'a rien de spécifique à une néobanque en particulier : il exploite la facilité d'ouverture et de rechargement d'un compte pour dissimuler l'origine de fonds.

Ce que ça implique pour un utilisateur Revolut

Prêter, louer ou recharger son propre compte pour le compte d'un tiers moyennant une commission n'est pas une simple entorse aux conditions d'utilisation : c'est un délit pénal de blanchiment, comme le confirme cette condamnation. Au-delà des poursuites judiciaires, un utilisateur dont le compte sert de relais dans ce type de circuit s'expose aussi, côté Revolut, à un gel ou une fermeture de compte pour manquement aux obligations de lutte contre le blanchiment, indépendamment de sa bonne ou mauvaise foi.

Le fait que ce genre de proposition circule sur les réseaux sociaux, présentée comme une source de revenu facile par des comptes suivis par de nombreux jeunes, ne change rien à sa nature : accepter de recevoir des virements pour le compte d'un tiers inconnu, même ponctuellement, revient à prêter son identité bancaire à une opération dont on ne maîtrise ni l'origine ni la destination des fonds.

« Il y en a tellement qui font ça, qu'on s'est dit qu'on allait se lancer. » — l'une des prévenues, à l'audience du tribunal correctionnel de Papeete.

Les conditions d'utilisation et les règles de lutte contre le blanchiment peuvent varier selon les pays et évoluer avec le temps : il est toujours utile de vérifier les termes à jour directement dans l'application Revolut avant toute opération sortant du cadre d'un usage personnel classique.

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Sources