Cyroco

Guides pratiques

Revolut pour auto-entrepreneur en 2026 : Pro, Business, limites

Revolut Pro gratuit ou Revolut Business payant depuis 2026 : ce qui change avec l'agrément bancaire français, et ce qui reste limité pour un indépendant.

Revolut pour auto-entrepreneur en 2026 : Pro, Business, limites

Un auto-entrepreneur qui lance son activité n'est pas légalement obligé de payer un compte pro. Revolut le sait bien : depuis plusieurs années, l'application pousse une offre gratuite pensée pour les indépendants, Revolut Pro, pendant que son offre pour les sociétés, Revolut Business, est devenue payante en 2026. Entre les deux, la confusion est fréquente. Voici ce qui change concrètement pour un freelance ou un auto-entrepreneur en France, et où Revolut montre encore ses limites.

Revolut Pro ou Revolut Business : lequel concerne un auto-entrepreneur

D'abord un rappel légal : rien n'oblige un auto-entrepreneur à ouvrir un compte "professionnel" facturé comme tel. Un compte bancaire dédié à l'activité — même un compte courant classique — ne devient obligatoire que si le chiffre d'affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives, sauf activité commerciale où la séparation s'impose dès le lancement, selon Wisestart. Beaucoup de micro-entrepreneurs paient donc un abonnement "pro" dont ils n'ont pas légalement besoin.

C'est précisément le créneau que vise Revolut Pro : gratuit, adossé à un compte personnel Revolut existant, avec un IBAN français dédié à l'activité et aucun Kbis exigé à l'ouverture. Il convient aux auto-entrepreneurs et freelances qui veulent simplement séparer leurs flux pro des flux perso sans payer d'abonnement.

Revolut Business vise un tout autre public : les personnes morales (SASU, SARL, EI enregistrée...). Et depuis 2026, il n'existe plus de formule gratuite sur ce volet : le plan Basic démarre à 10 €/mois, Grow à 35 €/mois, Scale entre 90 et 125 € selon les sources.

Offres Revolut Business (€/mois)
Basic10 €/moisGrow35 €/moisScale90 €/mois

Le plan Basic cible justement les indépendants qui font peu de virements SEPA (moins de 10 par mois) : IBAN français local, cartes virtuelles, compte multidevises sur plus de 30 devises et 1 000 € de change interbancaire sans majoration chaque mois. Pour une société qui facture surtout à l'étranger, ça peut valoir le coût. Pour un auto-entrepreneur individuel sans Kbis, Revolut Pro reste l'option par défaut.

Ce que change l'agrément bancaire obtenu en 2026

Le 10 août 2026, Revolut Bank S.A. a obtenu son agrément bancaire complet en France, validé par l'ACPR et la BCE, après avoir fonctionné pendant des années comme simple établissement de monnaie électronique, rapporte le Journal du Geek. Concrètement, les dépôts logés sur l'entité française sont désormais couverts par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR), jusqu'à 100 000 € par déposant.

100 000 €Dépôts garantis FGDR
0 €Revolut Pro
10 €/moisBusiness Basic
10 000 €Seuil CA compte dédié

C'est un vrai changement de statut pour un auto-entrepreneur qui hésitait jusque-là à faire transiter l'essentiel de sa trésorerie sur Revolut : l'argent placé n'était pas couvert par la même garantie qu'un compte bancaire classique. Ce point mérite d'être vérifié dans l'application au moment de l'ouverture, car la bascule des comptes existants vers l'entité agréée peut se faire progressivement.

Ouvrir un compte Revolut Business

L'angle mort : la facturation électronique

Revolut Pro permet d'exporter ses transactions (CSV, Excel, API) et de les connecter à des outils comptables comme Xero ou QuickBooks — pratique pour tenir sa compta sans y passer des heures. Mais sur un point précis, l'écart avec les banques pro traditionnelles va devenir gênant : aucune plateforme agréée de facturation électronique n'est proposée nativement par Revolut, selon ComparePDP.

Or la réforme française impose la réception de factures électroniques à toutes les entreprises dès septembre 2026, puis l'émission généralisée en 2027. Un auto-entrepreneur qui compte sur son compte Revolut pour piloter aussi sa facturation devra donc, tôt ou tard, brancher un outil tiers compatible. Ce n'est pas rédhibitoire, mais ça mérite d'être anticipé plutôt que découvert au dernier trimestre 2026.

Les limites qui persistent au quotidien

Deux restrictions structurelles n'ont pas bougé avec l'agrément bancaire. Revolut ne propose ni découvert autorisé, ni dépôt de chèques ou d'espèces au guichet, rappelle Portail-autoentrepreneur.fr. Pour un auto-entrepreneur dont une partie de la clientèle paie encore par chèque — artisans, professions de santé, certains commerces de proximité — Revolut ne peut donc pas servir de banque unique.

Les retraits en espèces sont aussi plafonnés selon la formule. Sur le plan Standard gratuit, les retraits DAB sont gratuits jusqu'à 200 € par mois ou 5 retraits glissants ; au-delà, une commission de 2 % (1 € minimum) s'applique, selon Selectra. Les formules payantes personnelles (Plus à 3,99 €/mois, Premium à 10,99 €/mois, Metal à 18,99 €/mois, Ultra) relèvent ce plafond jusqu'à 2 000 € par mois pour Ultra et suppriment la majoration de week-end sur le change.

Pour un auto-entrepreneur qui encaisse surtout par virement ou carte et facture ponctuellement à l'étranger, ces plafonds n'ont aucune incidence. Pour quelqu'un qui manipule régulièrement du liquide, ils comptent — et Revolut n'est alors qu'un compte d'appoint, pas une banque principale.

Avant de basculer son activité dessus, vérifiez trois choses dans l'application au moment de l'ouverture : le statut exact du compte (Pro gratuit ou Business payant), la compatibilité avec votre outil de facturation actuel, et la fréquence réelle de vos opérations en espèces ou par chèque.

Les conditions tarifaires de Revolut évoluent vite ; celles citées ici sont à jour au 26 août 2026.

Sources